Événement

Mathématiques vivantes

À quoi ressemble un événement autour des mathématiques ? À un cours, dans un amphi, avec un vieux monsieur qui gesticule devant un tableau à craie ? Ce n'est pas ce qui m'attendait le 21 mars au forum des Mathématiques vivantes.

L'émerveillement au 104

L'ouverture officielle était à 11 h au 104. Pour s'y rendre, il faut sauter dans le métro 12 direction nord-est sortir à Marx-Dormoy, marcher un peu et on y est. Le forum se déroulait dans un grand bâtiment type usine datant de la fin du 19 e, avis aux fans de steampunk. Il a été pendant très longtemps un immense centre des pompes funèbres avant de devenir culturel. C'est peut-être pour cela que ce crâne accueille les visiteurs.

la Cabeza, une sculpture
Crâne artistique à l'entrée du 104 : La Cabeza de Niki de Saint Phalle.

La porte passée, le macabre laissait place aux festivités. En effet, comme souvent au 104, des danseurs amateurs étaient présents. Malheureusement, ils ne se sont pas joints à nous, sniff !

À l'heure de l'ouverture, les officiels se sont rassemblés en demi-cercle. Les élus nous ont fait part de leur soutien en cette période difficile pour les mathématiques et de leur joie de soutenir cet événement. Puis les organisateurs Michèle Artigue et Cédric Villani et les représentants des associations participantes, se sont tour à tour présentés. J'ai particulièrement bien retenu l'introduction mathématiquement provocante de Cédric Villani. Il a critiqué le choix – n'en étant sûrement pas un – du nombre 104, qui n'a pas d'intérêt arithmétique. Il est en effet banal pour un entier de n'être ni premier, ni parfait. Pour se faire pardonner cette attaque, le mathématicien a précisé qu'avec des yeux de géomètre, on voit apparaître dans ce nombre la droite, le cercle et le triangle, qui sont les figures atomiques de la géométrie. Bien joué, monsieur Villani !

Les officiels de l'événement
L'ouverture et ses discours avec Cédric Villani au centre, enfin presque.

À la suite de ces discours, tout le monde s'est promené pour chercher des jeux mathématiques proposés par le célèbre kangourou ou par Mickaël Launay que j'étais fière de reconnaitre. J'ai alors fait la découverte d'un jeu fort sympathique : Shut the Box. Un jeu aujourd'hui utilisé par des enseignants pour apprendre aux élèves à calculer. Il était à l'origine utilisé par les marins au port pour désigner l'heureux perdant, qui devait payer sa tournée.

Un Jeu de marins dans les écoles : Shut the Box / Roland Scheicher.

Mais il n'y avait pas que des jeux ; il y avait aussi des origamis, des casse-tête, des élèves présentant leurs activités mathématiques. Bref, tout plein de choses passionnantes, sans avoir mentionné une expérience avec des bulles de savon. Son principe est simple ; il faut construire un solide à l'aide d'arêtes et de sommets en plastique. Tremper-la dans l'eau savonneuse et vous obtiendrez une curieuse bulle, qui épouse par chaque arête. La surface de cette bulle est minimale. Un bon baiser entre mathématiques et physique.

Une bulle carré
Une bulle de savon épouse un cube / A. van der Net.

Pendant que je sautais de stand en stand, il s'est construit à l'entrée du forum un grand polyèdre. Ça avait sacrément la classe !

Un polyèdre géant à l'entré du 104
Grand polyèdre dans le 104.

Les problématiques de la BNF

L'après-midi, le forum migrait à la Bibliothèque Nationale Française, pour plusieurs conférences. Je me suis déjà pas mal attardée sur le bâtiment de la matinée, alors je vais faire court. La BNF est magnifique, va la voir ! Le public n'était pas réellement au rendez-vous ; et les conférences, auxquelles j'ai assisté, n'étaient pas renversantes.

Pourtant, cette après-midi abordait clairement les problématiques à l'origine de ce forum que l'on peut résumer ainsi :

  1. Comment faire pour que les mathématiques restent une matière ancrée dans la culture ?
  2. Comment rendre les mathématiques plus dynamiques au sein de l'école ?
  3. Comment convaincre les élèves que les mathématiques ouvrent les portes de métiers d'avenir ?

Ces deux dernières questions ne me tourmentent pas au point de m'arracher des plumes. Par contre, la première me passionne, mais malheureusement, je suis arrivée à la fin de la célébration des dix ans du cycle de conférences « Un texte - Un mathématicien ». Le sujet des mathématiques au sein de la culture a été abordé et tous les acteurs semblaient plein d'espoir. C'était captivant ! Ensuite, un montage d'extraits des dites conférences a été projeté tel un best of. J'aurais aimé en voir plus… Le reste des conférences était orienté vers l'éducation et les mathématiques dans le monde professionnel, animées par l'ONISEP et des travailleurs mathématiciens.

Les mathématiques sont-elles encore vivantes l'an prochain ?

J'ai passé une superbe matinée pleine d'échanges. L'après-midi m'a laissé un peu sur ma faim et j'aurais aimé voir plus de gens dans le grand auditorium de la BNF. Mais je me suis couchée pleine d'espoir, ce soir-là.

Bien que les enseignants ont principalement donné vie à ce forum, des indépendants le rendraient plus vigoureux encore. J'espère assister à ce même forum das les années à venir, avec l'espoir d'y croiser des acteurs d'horizon toujours plus variés.

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